Colomba Amstutz
Peintre, plasticienne



Colomba Amstutz est née à Locarno. En 1986 elle obtient le diplôme de l’Académie des Beaux - Arts de Florence et en1987 celui de l’Ecole internationale d’art graphique « Il Bisonte », à Florence. Elle est membre de VISARTE.

UN MONDE ONIRIQUE

Dans ses peintures récentes Colomba Amstutz continue de nous montrer des toiles avec des personnages étranges, comme déconnectés de la réalité, des êtres réduits à des silhouettes sans visages, sans détails corporels. Ces êtres, ni hommes ni femmes, sont représentés dans différentes situations, mais toujours comme dans un théâtre d’ombres qui prennent vie à travers leurs mouvements ou leurs positions. Pour la plupart ces figures frappent par leur légèreté, la finesse de leurs formes démesurément allongées, et la souplesse et le délié de leurs corps de danseurs ou d’athlètes. Ils s’imposent de par leurs mouvements sensuels d’une extrême élégance : il y a les baigneurs qui ondulent entre les flots bleu turquoise et les vagues bouillonnantes d’écume, comme des algues ou des anguilles, il y a les danseurs qui sautent et gambadent dans des rythmes indigènes autour d’un feu, il y a aussi les dormeurs qui reposent dans des ambiances de grande sérénité, comme s’ils attendaient de s’éveiller après une longue et mystérieuse hibernation. Ces dormeurs évoquent des voyageurs en attente d’existence ou d’un nouvel univers. D’autres êtres plus élémentaires sont enfermés dans des bulles comme des embryons. Tels des îles ou des vaisseaux, ils se lancent dans l’infini à la conquête de nouveaux mondes. D’autres encore sont représentés en buste, témoins anonymes regardant par une fenêtre des scènes sans véritables relations avec eux.

Les personnages de Colomba sont énigmatiques. Ils ne sont plus comme autrefois momifiés ou ligotés, perdus dans des espaces indéterminés, messagers de l’oubli ou de la mort. Désormais ce sont le plus souvent des corps d’ébène, parfois traités en couleur transparente. Ce mode de représentation rappelle les scènes mythologiques qui décorent les vases grecs « à figures noires » et, pour certains nageurs, le célèbre Tuffatore (plongeur) de la tombe homonyme de Paestum, lequel symboliserait le passage de la vie à la mort. Leurs corps sont fréquemment surchargés de tatouages dorés ou de signes qui les embellissent comme les rehauts de couleur dans l’art de la gravure. Ce monde fluide et liquide, peu parfois devenir dense et brûlant.

Les paysages indéfinis de Colomba rappellent lʼAfrique équatoriale et les plages de la Côte dʼIvoire où lʼartiste a vécu et passé son enfance. Ses visions souvenirs ne sont pas sans évoquer aussi son long séjour à Florence, où Colomba a perfectionné sa formation et sʼest familiarisée avec la nouvelle figuration de la peinture italienne plus connue sous le nom de trans-avant-garde. Autres réminiscences : le décor dans lequel évoluent ces êtres de lʼautre côté du miroir sʼenrichit de végétaux, de plantes, de fleurs et de motifs qui évoquent la luxuriance et le raffinement de Botticelli.

La peinture de Colomba nous invite à pénétrer dans le domaine des rêves, dans une dimension nouvelle de lʼespace – temps ; volonté de sʼévader et de communiquer avec des présences à lʼapparence humaine, présences positives, fragiles, qui cherchent à dialoguer avec notre pensée.

Jean-Michel Gard


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