Pierre-Alain Zuber
Sculpteur et membre fondateur de la Ferme-Asile



«LA MAISON QUI PARLE»

Installation in situ à La Souste, près de Loèche-Ville de l'artiste Pierre-Alain Zuber, artiste en résidence permanente à la Ferme-Asile.

Le bâtiment pour lequel cette installation a été réalisée, dans le cadre des 20 ans de la galerie Graziosa Giger, était au Moyen-Age la souste de Loèche. Une souste était un lieu où les marchands réglaient les droits de péages pour leurs marchandises. Puis elle est devenue un relais pour les diligences sur la route du Simplon.

Lorsqu'on entre dans ce genre de bâtisse chargée d'histoire on ne peut être que touché par les traces, usures et transformations laissées par le passage du temps.

On imagine alors toutes les vies, toutes les joies, peines, rires, pleurs, cris et surtout toutes les paroles que les «murs qui ont des oreilles» ont pu entendre.

Ce qui qui a généré cette installation a pour base l'idée de permettre au vent d'entrer dans la maison, en enlevant toutes les fenêtres, pour qu'il puisse frôler les murs, qui ont tant à raconter et qu'ensuite ce souffle porteur de «paroles» soit restitué, de manière allusive, à la communauté d'aujourd'hui.

Ces «paroles» sont portées à l'extérieur par 25 porte-voix de grandeurs différentes, adaptées aux divers formats des ouvertures sur les façades. Ces formes pyramidales creuses de 150 cm de long sont réalisées en panneaux de coffrage jaunes. Ces porte-voix sont maintenus par des câbles et sont mobiles dans le sens horizontal, mobilité amenée par le souffle du vent.

Cette installation conçue pour être visible de l'extérieur sera en place jusqu'au mois d'août 2021.

Site de la galerie

Carton d'invitation

 


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Né en 1950 à Sierre, Pierre-Alain Zuber a suivi son cursus à l'Ecole cantonale des Beaux-Art à Sion, puis à l'Ecole supérieure des Beaux-Arts à Genève. Depuis 1982, il enseigne dans cette école. Il vit et travaille à Genève ainsi qu'à Sion.

"Le matériau de Pierre-Alain Zuber est le bois. Non le bois qui a une surface lisse, polie, mais le bois brut dans sont faites les planches, les lattes et les poutres ; le bois dont les fibres sont visibles, encore palpables en partie, dont les veinures naturelles déterminent l'image. Pierre-Alain Zuber façonne méticuleusement ce bois, comme quelqu'un qui veut respecter une longue tradition et la perpétue délibérément. Et pourtant, les sculptures de Pierre-Alain Zuber n'ont aucune similitude avec des formes traditionnelles. Sa manière de façonner son matériau est aussi dictée par une recherche avide de possibilités : celle d'en tirer des formes inédites, sans altérer la nature du matériau.

Donc, Pierre-Alain Zuber coupe, scie, colle, polit, courbe le bois jusqu'à qu'on croit qu'il se met à vibrer de lui-même sous ses doigts. Il exploite la flexibilité particulière du bois que l'usinage industriel lui ôte totalement. Le bois retrouve cette qualité dans les œuvres de l'artiste qui ne fait rien d'autre que de ranimer les propriétés premières du bois, sa force naturelle et ses énergies cachées. La dynamique des matériaux décide alors de l'organisation de la sculpture. Le bois n'est pas traité avec ménagements, il est mis l'épreuve jusqu'à l'extrême afin d'en extirper ses possibilités. Il est courbé, dilaté, tendu, mais jamais cassé ; les gestes de Pierre-Alain Zuber ont de la retenue. Il n'impose pas à la matière des sauts spectaculaires et des tensions acrobatiques, mais la laisse se former lentement. Souvent, il entaille d'épaisses poutres qu'il courbe et tord, presque imperceptiblement, de sorte qu'un amas massif de bois en arrive à inscrire dans l'espace un dynamisme ; ou bien des cercles et des arcs, formés de lattes étroites se mettent à vibrer au-dessus du sol et sur les parois. Sous un aspect à la fois robuste et ludique, Pierre-Alain Zuber entretient un dialogue intarissable avec le matériau et répons à ses particularités."

Gabrielle Boller, catalogue de l'exposition EX ÆQUO, St-Imier, 1991




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